jeudi 13 juin 2013

RDC: Croyances et coutumes face à l'homosexualité

Une vue de Gombe, le centre ville de Kinshasa.


A un moment où le mariage entre personne de même sexe continue d’alimenter les débats, en République démocratique du Congo les mentalités face à l’homosexualité demeurent archaïques.

Peut-on comprendre que dans une ville comme Kinshasa malgré plus de sept millions d’habitants, la modernité reste mal acceptée ? Si les jeunes kinois aiment porter les dernières tenues à la mode ou danser sur le dernier tube de P Square, Fally Ipupa ou Chris Brown, ils sont encore confrontés aux coutumes.
En effet, comme partout ailleurs en Afrique noire, la coutume reste omniprésente dans le quotidien de la population. Même dans la religion, elle a réussi à s’y greffer et reste indissociable à la vie des gens. Malgré la modernité, elle est là et semble être devenue un repère pour les africains face à la domination de la culture occidentale très véhiculée par les médias. Cependant, elle constitue aussi une barrière face à l’évolution des mœurs.  Présentement, les mentalités au Congo-Kinshasa sont plus que coincées suite aux préjugés hérités des coutumes et des traditions ancestrales. A Kinshasa, le port du pantalon continue d’être un véritable problème pour les femmes.  Certaines personnes ne tolèrent pas une fille en pantalon en prétextant que cela n’a rien à voir avec la coutume. Il y a quelques années, plusieurs jeunes filles ont carrément été dénudées en pleine rue parce qu’une rumeur aurait couru à propos de l’interdiction du port du pantalon. La rumeur se révéla par la suite fausse mais le mal a été fait car une partie de la population n’accepte pas que les femmes s’habillent avec un tel vêtement.
Cette façon de mettre en avance les coutumes et les traditions prouvent que la société congolaise n’est pas encore prête à s’ouvrir aux changements de mentalité. Lorsque la tenue vestimentaire de la femme constitue un vrai débat, on peut se demander si l’homosexualité, fait plus complexe, peut avoir droit de cité.

le boulevard du 30 juin à Gombe (Kinshasa)


Face à cela, bon nombre d’hommes aimant le sexe entre eux sont obligés de cacher leur orientation sexuelle allant jusqu’à se marier pour être en règle avec la société. Dans un tel milieu, on ne peut échapper à l’étiquetage par le fait que tout est basé sur les croyances. Tout le monde est étiqueté et facilement on en arrive aux stéréotypes. Avec plus de 400 ethnies, La République démocratique du Congo est comme bon nombre d’Etats africains tombé dans le système des dogmes tribaux hérités des ancêtres qui déclarent, par exemple, que tel tribu est plus intelligent ou plus fort que tel autre, favorisant ainsi l’étiquetage dans notre société. En général, lorsqu’on est homme, on doit l’être dans toute sa personnalité. Une personne de sexe masculin c’est celui qui domine, celui qui dirige, celui qui épouse, etc. Et une femme, c’est celle qui exécute,  celle qui se soumet, celle qu’on prend comme épouse, etc.

 Au cas où un homme ou une femme ne répond pas à l’un des critères, il ou elle est tout de suite étiqueté(e).  Il est considéré, comme celui qui a un problème souvent  associé à une anomalie liée à  la spiritualité et plus particulièrement aux mauvais esprits.  De ce fait, les homosexuels n’ont qu’à s’effacer dans une telle société ou en plus le sexe continu d’être un sujet tabou.  D’ailleurs, il faut reconnaître que les congolais sont très hypocrites en matière de sexualité. Si l’homosexualité est ignorée et cachée, l’hétérosexualité, par contre, est exposée car considérée comme normal. Et la coutume autorise  presque tout à l’homme hétérosexuel  allant même jusqu’à faire l’éloge de la polygamie. Encouragée également par les autorités sous le règne de Mobutu dont le régime prônait le recours à l’authenticité, la polygamie, chose pourtant peu recommandable, devint un must pour les hommes. La réussite de quelqu’un se voyait plus par le nombre de femmes qu’il épousait ou entretenait à travers la ville. Et, ces femmes étaient vulgairement appelées « bureau ». Aujourd’hui encore, certaines églises de Kinshasa continuent d’encourager cette pratique.

La place du 30 juin


En effet, comme les coutumes de la RDC et de la plupart des pays africains tolèrent la polygamie, certaines religions s’y réfèrent aussi et autorisent une conception du mariage qui est à la base de plusieurs fléaux sur le continent (sida, pauvreté, enfants des rues, etc.) Cas de l’Église primitive, une des nombreuses assemblées chrétiennes homophobes de Kinshasa. Pour les adeptes de cette église, la polygamie serait biblique. Ils déclarent qu’il n’y a aucun verset condamnant cette forme de mariage. Ils vont même jusqu’à dire que celui qui pratique la polygamie vit mieux qu’un monogame.

Pour les membres de l’Église primitive, il y a des versets bibliques qui conseillent aux croyants la manière dont ils doivent s’y prendre au sein d’un ménage polygame. Il s’agit, par exemple de :
Deutéronome 21,15  qui enseigne à un homme comment il peut vivre avec deux femmes dans le cas où il préférerait l’une plus que l’autre.
Exode 21,10 enseigne à un mari, la manière qu’il doit adopter vis-à-vis de sa première épouse s’il prend une seconde femme.

On peut comprendre que cette église a trouvé un moyen de légitimer la polygamie. Ces adeptes reconnaissent en elle une partie de la vérité divine. Cependant, selon eux, les pasteurs ou les évangélistes peuvent aussi avoir plusieurs épouses. D’ailleurs, le pasteur de l’Église primitive est lui-même polygame alors que la bible est claire à propos des hommes de Dieu. En effet, 1 Timothée 3 déclare, entre autres, qu’un  bon évangéliste doit être le mari d’une seule femme.  Alors, n’est-ce pas un pêché  de s’adonner à cette forme de mariage ? A mon avis, cette église par le biais de son pasteur a trouvé comme bien d’autres, un moyen de lier la tradition à la religion pour faire admettre un fait qui n’est pas encourageante dans une société qui se veut moderne. Cette perception rejoint également l’Ancien Testament qui autorisait la polygamie pour tout le monde. Mais avec le Nouveau Testament, Jésus Christ a banni cette relation et a ramené le monde à la forme idéale du mariage (Genèse 2, 24) (Matthieu 19,1-11), c’est-à-dire un homme pour une femme et une femme pour un homme par les vœux du mariage.  
le Palais du Peuple, le siège de parlement congolais.
 Ce laissez aller n’est favorable qu’aux hétérosexuels qui sont reconnus comme les seules personnes normales. L’homosexualité n’est pas reconnue en RDC et beaucoup d’Etats du continent noir la classe parmi les délits.

Par Justice Walu
Tiré du manuscrit Itinéraire Caché

photos: Google, TV5


5 commentaires:

  1. Je le trouve pas assez représentatif cet article.
    On parle de Kinshasa ou de la RDC?
    Des droits des femmes ou des homosexuels?
    Des croyances les plus populaires (catholique,évangéliques) ou d'une secte particulière...?

    En tout pour ma part, je n'ai pas retrouvé un message qui exhibe la réalité des choses. Je vis à Kinshasa et je suis Kinois depuis ma naissance, je pense que si aujourd'hui l'homosexualité n'est pas acceptée, c'est à cause du christianisme car les coutumes ont déjà été vomis de la plus part avec les messages d'églises évangéliques.

    A côté de cela, aujourd'hui, je pense que les homosexuels sont plus acceptés qu'avant car ils essaient de s'ouvrir et de faire connaitre leurs choix ( les moins de 25 pour la plus part); bien que cela résulte d'un grand combat social.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Kinshasa se trouve dans la RDC. Cet article essaie de montrer la manière dont les congolais essaient d'utiliser les coutumes et certaines croyances pour rejeter les mentalités jugées modernes. l'homosexualité pourtant vieille est considérée comme une nouvelle forme de sexualité issue de la modernité. Beaucoup de gens ont tendances à dire que c'est une sexualité qui ne correspond pas à nos valeurs. Entretemps, l'hétérosexualité qui est la forme de sexualité la mieux acceptée et qui selon certains correspond aux valeurs africaines bénéficie d'une liberté parfois alarmante. Je cite le cas l’église primitive qui est une église homophobe et chrétienne qui utilise la bible pour favoriser la polygamie. En abordant le problème du port de pantalon, j'ai juste voulu montrer à titre d'exemple comment les congolais refusent d'une certaine manière la modernité en voyant une femme porter un tel vêtement. Enfin, dire les homosexuels sont plus acceptés c'est exagéré. L'homophobie reste très forte à cause de l'ignorance, des barrières de la religion et surtout des coutumes. Rassurez-vous, la coutume reste indissociable à notre société. La plupart de gays vivant principalement à Kinshasa sont victimes de pressions morales.

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  4. Y a-t-il des producteurs porno gay a kinshasa? Parce que j'aimerai etre un acteur porno, cela a toujours etE un reve pour moi, si vous en connaissez, tachez de m'aider svp... Merci pour tout contact: Boyjason301@gmail.com

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  5. A Kinshasa, il n'y en a pas. Si il y en a je te conseille de ne pas les approcher car ce ne sont surement pas des professionnels.

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